2 semaines au Japon – De Tokyo à Kyoto

Nous étions beaux, nous étions jeunes, et avec le rêve de découvrir le pays de Akira Toriyama, auteur du célèbre manga Dragon Ball Z, qui avait bercé une grande partie de notre enfance. Nous avions donc fait le grand saut au mois de Juin, pas spécialement durant les périodes les plus attractives, mais au moins nous évitions la foule. Notre séjour qui dura 17 jours nous a toujours valu beaucoup d’attention de la part des japonais, c’est l’avantage de partir libre, non contraint par un circuit et dans une période de creux touristique.

Il était neuf heures du matin et notre avion venait d’atterrir à l’aéroport international de Narita. L’air était un peu humide, le soleil brillait déjà haut dans le ciel et une petite brise venait nous rafraîchir les joues. Enfin, nous y étions. Dans mon souvenir je n’ai pas cligné des yeux une seule fois cette journée, voulant ne rien manquer.

C’était notre premier contact avec le Japon, nous avions donc décidé de faire dans la simplicité. Une semaine à Tokyo et une semaine à Kyoto. Par facilité nous avions opté pour passer la première nuit sur Tokyo, avant de partir passer une semaine à Kyoto, pour revenir sur Tokyo. Le fait que nous voulions acheter pleins de conneries nippones totalement inutiles, donc absolument indispensables, dans les différents quartiers de Tokyo, nous avait fait organiser notre séjour de la sorte. Partir voir Kyoto le plus rapidement afin de voyager moins chargé, tout en voyant Tokyo dès notre arrivée, pour commencer par LE mythe !

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Arrivée à Tokyo

Nous n’avions pas été déçu, Tokyo nous avait stupéfaits le premier jour, sa démesure, son atmosphère, déambuler dans ses veines et entendre les battements de son cœur, nous avait subjugués. Nous déambulions toute la journée, la fatigue et l’émerveillement de pouvoir enfin toucher son rêve nous laissèrent la sensation d’être perdu. De ne pas savoir où aller, quoi manger. Nous errions dans le quartier agité proche de la gare de Ueno, dans un parc familial, puis dans les quartiers résidentiels plus tranquilles, un mot d’ordre, tout voir. Nous profitions le soir au grè de nos divagations d’une petite fête de quartier, avant d’entrer dans un restaurant. Enfin, un tout petit Boui-Boui ne possédant aucun menu en caractère latin. Tous les regards se tournèrent vers nous. Et en quelques minutes les clients et les deux cuisiniers voulait tout savoir de nous. S’ensuivi « deux heures de conversation ». Ils ne connaissaient pas un mot Anglais ou Français, nous ne parlions pas japonais. Mais prévoyant j’avais téléchargé une application de traduction et un dictionnaire numérique sur mon téléphone. Sans internet aucun des deux ne fonctionnaient. Le soir même je téléchargeais un dictionnaire hors ligne, mais ce n’étais pas pratique.

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On s’est alors tous les trois rappelés mon père nous incitant à acheter un dictionnaire avant de partir et la réponse que nous lui avions donnée. « C’est so années 90 un dictionnaire, faut vivre avec son temps ». Erreur de jeunesse, on peut être stupide des fois. Cela à au moins eu le mérite de bien le faire rire à notre retour et nous n’avons pas pu échapper à la leçon de morale. Mais c’est de nos erreurs qu’on apprend le mieux, pas des conseils ou de l’expérience des autres.

Il était donc impossible de comprendre l’autre. Que ce soit eux ou nous. Ce fut très drôle et fort sympathique de communiquer avec les mains ou des expressions de visage, voir des sons. Bon on avait quand même tous saisi l’intérêt d’une des clientes à mon égard. Mais on a fait semblant de ne pas le voir. Le fait d’être plutôt grand si on se réfère à la taille moyenne sur place est un avantage non négligeable. Ce soir-là, on comprit que faire un mètre quatre vingt un, au Japon donnait un avantage certain en matière de drague. Le reste du séjour le confirma.

Ce premier contact avec la culture Japonaise, nous restera gravé pour longtemps. Nous avions trouvé, ce que nous étions venu chercher. Une culture différente, des gens attachants et sympathiques, un émerveillement de découverte et de saveur.

Une semaine à Kyoto

Kyoto était une ville bien différente, mais pas moins intéressante. Moins imposante, étouffante, mais recelant de secrets par millier. Véritable réservoir de temples, nous n’avions que l’embarra du choix pour nos visites. Nos journées étaient bien remplies et nos soirées aussi. Nous les passions au Onsen pour nous ressourcer, le pouvoir revigorant de ces bains sur le corps donne une sensation de vitalité et bien être. Le FUKUOKA ONSEN était devenu notre paradis.

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Alterner eau chaude et froide, redonne vie au corps. La sensation de l’eau glacée sur un corps brûlant est libératrice. L’esprit s’évapore dans une douce souffrance. La fatigue d’une journée de marche s’efface après deux heures de bain, à l’image d’une renaissance. Nous attendions chaque soir avec impatience et la semaine fila vite.

L’une des plus belles journées de notre séjour, fut le jour ou nous avions loué un vélo. N’appréciant pas particulièrement de prendre les transports en commun, j’avais eu l’idée avant notre départ qu’une fois sur place nous pourrions louer des vélos pour se déplacer. Par soucis pratique, j’avais imprimé le plan pour se rendre à deux endroits proches de notre lieu de sommeil où nous pourrions en louer.

Nos vélos en main, il ne restait plus qu’à choisir notre direction. Ils étaient très classiques, vélo de ville pour homme comme pour femme, avec un petit panier très pratique à l’avant pour y mettre nos sacs, et une selle large offrant un bon confort. Le choix de la visite se porta sur la Bambouseraie d’Arashiyama. Plutôt excentré de Kyoto et ayant bonne réputation ce lieu serait parfait. Fidèles à nos habitudes, dès qu’un temple se présentait sur notre route, nous en profitions pour en faire la visite. Suivant certains panneaux pour en découvrir d’autres, nous nous sommes peu à peu éloignés de notre route. C’était fascinant et amusant, nous étions pris à partie dans chaque temple, comme des Stars harcelé par des fans pour un autographe. Au Japon le premier touriste, est japonais, il n’est d’ailleurs pas rare, de voir figurer sur les temples des informations uniquement écrite pour eux ou pour les individus capable de comprendre leur langue. Seuls les temples les plus touristiques disposaient de renseignements en plusieurs langues.

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Des groupes de collégiens et lycéens nous demandaient de répondre à quelques questions monnayant notre temps en nous offrant des petits goodies, des gommes en forme de gâteaux ou encore des crayons. Nous comprîmes rapidement deux choses, c’étaient les vacances scolaires au Japon, il y avait des élèves en uniforme partout et ils avaient un devoir maison, qui consistait à poser des questions sur le Japon et la culture japonaise à des étrangers. Non, nous n’étions pas des dieux vivant que chacun voulait prendre en photo, car d’une beauté incroyable. Nous avons répondu à toutes les questions, toutes, sauf une. Nous ne la comprenions pas, mais chose incroyable, ils ne comprenaient pas qu’on ne puisse pas comprendre. Etant français, l’anglais n’est pas notre langue maternelle, mais dans l’imaginaire japonais elle doit l’être. Car partout où nous allions, toutes les personnes parlant anglais, ne comprenaient pas pourquoi certains mots nous étaient inconnus. Il était très difficile de leur faire comprendre que notre langue était le français. Comble de l’ironie, cette situation se représenta à chaque interview, les collégiens possédant tous le même questionnaire.

La matinée fût rythmée par les visites de temples au hasard de notre passage. Chaque temple était différent cela nous permettait de découvrir une partie de Kyoto insolite et de compléter notre collection de goodies. Une aubaine pour nos cadeaux souvenir. Puis nous avons débouché sur la campagne environnante. Une claque visuelle, une merveille. Un lac s’offrait à nous entourait de rizière, au second plan une petite chaine de colline nous montrait son flanc. Du vert à perdre de vue, un vert foncé, sous un ciel gris sans pluie. Nous avons alors suivi un petit chemin qui slalomait dans les rizières et entrepris de rejoindre un petit village perché sur les hauteurs. Avant de revenir sur nos pas pour se diriger vers la Bambouseraie. Que nous finîmes par trouver.

La déception. L’endroit était un peu surfait et il y avait beaucoup de touristes. Mais il y avait aussi plusieurs stands vendant de la nourriture, notamment des brochettes. Nos yeux se sont mis à briller, les brochettes ressemblaient à celles que nos personnages favoris de manga avaient l’habitude de manger dans leurs aventures. C’est donc tout heureux que nous en achetions une de chaque. Le désenchantement. Cela n’avait rien d’extraordinaire, sans être mauvais, la texture était caoutchouteuse et les saveurs très communes. S’ensuivit la visite de la Bambouseraie, qui à l’image de la nourriture, était décevante, sans être totalement inintéressante. Nous ne nous sommes pas attardé et avons repris la direction du centre de Kyoto pour visiter le palais impérial et finir notre journée au Onsen.

Nous avons également profité de dormir sur Kyoto pour visiter d’autres villes du Kansai, notamment Nara et Osaka. Le train est très pratique et circule toute les 10 minutes qu’importe la destination. On a tout à apprendre en France. Le Pass JAPAN RAIL PASS réservé aux étrangers permet de faciliter la vie sur place. Nous avions donc axé cette première semaine sur les visites touristiques, les temples et autres attractions insolites (biches de Nara, château d’Osaka, découverte culinaire…).

Notre seule petite déception était culinaire. Finalement pour manger japonais, rien ne vaut la France. Les plats sont adaptés à nos goûts. N’étant pas des kikou fanatique en transe à la simple évocation du mot Japon, nous avions l’honnêteté de ne pas apprécier tout ce que nous mangions. Pourtant je rêve du Japon depuis que j’ai 10 ans. Mon envie de manger des frites après une semaine de séjour parle d’elle-même. Alors oui la nourriture est bonne, quand on sait ce qu’on mange, mais on ne sait pas toujours ce qu’on mange ! Rassurez-vous, le deuxième meilleur repas que j’ai eu l’occasion de faire dans ma vie, fut la semaine suivante au marché aux poissons de Tokyo (Tsukiji-Market). Des sushis… du vrai Otoro… Divin !

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Une semaine à Tokyo

Tokyo nous ouvrait ses bras la semaine suivante. La première nuit, si on peut parler de nuit, sera gravée dans nos mémoires pour longtemps. Je pousserais même à dire que ce souvenir suivra mon frère même après la mort. Nous avions dormis dans un Manga-kissa, expérience nippone « incontournable ». Cyber-café disposant d’une grande bibliothèque de manga, de douches, de toilettes et de machines distribuant des sodas, du café ou encore du thé gratuitement pour se désaltérer. La pièce était sombre, éclairée par des lampes bleues et organisée en petit box ouvert vers le plafond. Chaque box fermant à clef et disposant d’un ordinateur, d’une télé et d’un fauteuil. On loue un box pour la nuit pour une poignée de Yen et on peut à notre guise, lire, jouer ou encore dormir.

La légendaire incapacité de mon frère à pouvoir supporter une nuit blanche, nous avait déjà contraint il y a de cela plusieurs années, à dormir sur le sol de Penn Station en plein cœur de New York. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il en était de même pour cette nuit-là au Japon, nous la passions dans un Manga-kissa pour éviter d’errer dehors. Cependant la lumière, le bruit et la fumée de cigarette ont fait de sa trop courte nuit un enfer. Ce n’était pas une nuit blanche, mais les stigmates qui marquaient son corps, en éprouvaient tous les signes. Il était impossible de ne pas deviner qu’il aurait souhaité passer la nuit à l’hôtel. Comme cela était mon idée, même en parler aujourd’hui est tabou et délicat. Personnellement j’avais trouvé l’expérience sympathique, bien que je le reconnaisse, pas pratique pour bien se reposer. Quand à mon ami, il avait beaucoup aimé. Je trouve agréable de découvrir et s’essayer à pleins d’expériences atypiques en voyage.

La dernière semaine de notre séjour se fit au rythmée des quartiers de Tokyo que nous avions retrouvé. Akihabara temple du shopping pour les amateurs de culture nippone que nous étions, la baie de Tokyo avec son métro qui offre une vue imprenable et son Gundam grandeur nature ou encore Tsukiji market on nous avions mangé les meilleurs sushi que peu offrir le monde (il est conseillé d’y aller le plus tôt possible, pour manger les poissons le plus frais possible. Nous y étions à 6h du matin. Par contre à cette heure-ci le marché est fermé au public. Il ouvre à 9h pour le public. Nous avons attendu seulement 30min pour pouvoir manger les sushis à 6h, a 9h le temps d’attente est plus long), le quartier de Minato avec la tour de Tokyo, Shibuya est ses centres commerciaux, ou encore Chiyoda qui abrite le palais impérial. Le musé Gibli, le quartier des étrangers, les cosplayers… Chaque jour nous visitions un quartier. L’important ce n’était pas de tout voir, mais de découvrir les différentes facettes de Tokyo.

Je retiendrais de ce premier voyage, absolument tout. Ce fut une expérience enrichissante et extraordinaire. Le fait de vouloir y retourner une fois tous les deux ou trois ans nous ont poussé à visiter les immanquables en priorité. Nous nous concentreront sur des expériences plus atypiques, des villes plus modestes, à nos prochains voyages. Je pense que pour découvrir un pays si riche, une semaine à Tokyo et une semaine au Kansai est un bon début. Car ce sont deux parties du Japon très différentes. L’ancien, le culturel contre la modernité et la décadence. Deux visions du Japon, qui vous émerveilleront à coup sûr.

2 semaines au Japon - De Tokyo à Kyoto, 5.0 out of 5 based on 1 rating

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