La rhumerie à la martiniquaise, ses lieux et son processus de fabrication

Durant mes voyages, j’ai eu la chance de partir à 2 reprises dans les Antilles françaises. Une première fois en Guadeloupe et une seconde en Martinique. Le voyage, et donc l’île, que j’ai préféré est le second. En effet, la Martinique m’a particulièrement marqué. C’est une île qui se caractérise principalement par sa culture, ses paysages et sa chaleur. Les gens sont chaleureux et là-bas, j’ai pu remarquer que le rhum est toute une institution. Il a un côté festif et ressourçant, très représentatif des martiniquais.

Pour mon premier article sur la Martinique, je vais vous parler un peu de cet alcool local, aussi très connu en France métropolitaine.

Les martiniquais et le rhum

Apprécié différemment selon les générations, le rhum est partout en Martinique. Pour les plus âgés, il accompagne des parties de jeux comme les dominos ou les cartes et pour les jeunes, il aide à se libérer pour les évènements festifs et musicaux. C’est d’ailleurs peut-être un des ingrédients magiques des soirées de zouk endiablées.

Sur l’île, lieu de production, il est moins cher qu’en métropole. Le fait que ce soit une production locale contribue fortement à sa propagation. Vous ne serez que rarement accueilli sans un petit verre de rhum.

Le seul département d’outre-mer en AOC

Dans l’histoire de la rhumerie, on se souvient qu’au 17ème siècle, les Français en s’installant sur le territoire martiniquais, se sont essayés à la culture de la canne à sucre. Au fur et à mesure de l’augmentation de la production de sucre, les planteurs ont cherché une solution au gaspillage, généré par la faible proportion de jus transformée en sucre. Le goût savoureux, issu du jus fermenté par la chaleur et les levures naturelles, marque les débuts du rhum. Depuis l’année 1996, les eaux-de-vies agricoles martiniquaises jouissent de l’Appellation d’Origine Contrôlée, faisant ainsi de l’île le seul département d’outre-mer à détenir cette distinction. Les alcools concernés répondent à des critères liés aux aires de production et de culture de la canne, à la variété des cannes, à l’extraction du jus, à la fermentation, à la distillation, au stockage et au vieillissement.

Les grandes rhumeries de l’île

En terre de rhumerie, Neisson, Depaz, La Mauny et Trois-Rivières se disputent un marché aussi vaste que les noms varient entre Dillon, Clément, Saint-James, La Favorite et bien d’autres encore.

D’après un ami connaisseur, le meilleur rhum de Martinique serait le Neisson. Il est appelé « épaules carrés » par les locaux (zepol karé en créole) du fait de la forme de sa bouteille. Pour les amateurs d’alcool fort, il vous conseille d’ailleurs de tester « L’esprit blanc de Neisson ». Cette bouteille d’un blanc mat renferme un rhum très fort à 70%.

Si jamais le rhum pur est trop fort pour vous, vous pouvez l’accompagner de jus de fruits comme du jus d’orange. Cela vous évitera de le « boire sec » comme ils disent là-bas. Il y a aussi la version ti punch sinon, du rhum accompagné d’un zeste de citron et du sucre.

La distillerie La Mauny

Située dans une vallée luxuriante, encerclée de champs de canne à sucre, la distillerie La Mauny promène le voyageur à la découverte des étapes d’élaboration du rhum agricole d’un des rhums les plus réputé de Martinique. Le visiteur est d’autant plus ravi qu’au terme de ses déambulations dans un cadre enchanteur, l’attendent la cabane de dégustation des produits et la boutique aux souvenirs.

La distillerie Trois-Rivières

Au Sud de l’île, près des plages calmes, la plantation Trois Rivières invite les amateurs de distillation de vin dans son univers. Des champs de canne coupés au sucre fermenté, les curieux apprennent tout sur la fabrication de cet alcool de tradition ainsi que les blancs et les ambrés. Le domaine se révèle peu à peu lors de la visite de la distillerie qui débouche sur une dégustation. Les passionnés d’art et de culture s’émerveillent devant l’exposition sur l’histoire de la canne. Les aventuriers se réjouissent des balades en quad au milieu des champs de canne.

Champ de canne à sucre

La distillerie Neisson

Située dans la commune du Carbet, la distillerie Neisson est donc d’après mon ami celle qui fabrique le meilleur rhum de l’île. Je ne vais pas m’étaler d’avantage sur cette visite car finalement, toutes les distilleries proposent le même principe. Une visite des lieux avec des explications du processus de fabrication, une dégustation puis la vente de bouteilles avant de partir.

La distillerie Depaz

Dernière visite de plantation, Depaz ! Il s’agit d’une plantation tenue de génération en génération par des békés, les descendants des colons (les martiniquais blancs). C’est une habitation au milieu des champs de canne à sucre, un petit paradis à la martiniquaise.

Maxi Fut Depaz

Les secrets de fabrication des rhumeries

La fermentation et la distillation du jus de canne donnent la célèbre eau-de-vie de la Martinique. L’activité sucrière et rhumière démarre sur l’île au mois de février. Les cannes sont coupées manuellement au ras du sol puis acheminées à l’aide de charriots jusqu’aux propriétés où elles sont pesées et contrôlées. Les cannes hachées et défibrées sont ensuite broyées par une batterie de moulins. Le jus de canne qui en résulte est filtré et pompé jusqu’aux cuves réservées à la fermentation.

Alors que la distillerie des Trois Rivières comptabilise une quinzaine de cuves de fermentation de 30 000 litres de capacité chacune, celle de la Mauny en compte plus du double par exemple.

Lors du processus de fermentation, le sucre du jus de canne est transformé en alcool par l’action des levures. On obtient, au bout de 24 heures, un vin de canne. A partir de là, commence la distillation. Introduit par le haut de la colonne, le vin descend de plateau en plateau et chauffe au contact de la vapeur. Les vapeurs d’alcool sont alors récupérées puis refroidies. A la sortie de la colonne à distiller, une partie est conservée 3 mois pour obtenir des rhums blancs. Une autre est mise en vieillissement. Elle est élevée sous bois pendant 12 mois pour fournir les dorés, 18 mois pour les ambrés. Elle est conservée 3 ans dans des fûts de chêne avant de donner des vieux et de 6 à 12 ans dans le cas des millésimés.

La Martinique, le meilleur des rhums ?

Normalement le rhum ne doit plus avoir trop de secrets pour vous. Il est très représentatif des Antilles et en particulier de la Martinique. D’ailleurs, comme le prouve le label AOC, le rhum martiniquais est souvent considéré comme meilleur que le guadeloupéen. Il y a d’ailleurs une plus grande variété contrairement à la Guadeloupe où le Damoiseau est généralement le seul connu des non initiés.

Voyager en Martinique

Si ce voyage m’a tant plus, ce n’est pas seulement pour la boisson rassurez-vous ! Il ne faut pas oublier que l’île offre beaucoup de paysages splendides avec son climat tropical et l’ambiance y est super, surtout dans les fêtes où le rhum coule à foison. Mince, je retourne sur l’alcool… ^^

Dans mes prochains articles sur ce voyage, j’aborderai d’autres sujets ne vous inquiétez pas, je ne suis pas non plus qu’un alcoolique 😉

Et si vous aussi, vous souhaitez partir en Martinique, que ce soit pour le rhum ou pas, je vous conseille de passer par un comparateur de prix comme le site prixdesvoyages.com qui permet de trouver des vols et séjours en Martinique à prix intéressants.

Avant de réserver votre séjour, jetez un petit coup d’œil à la météo du moment :
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Les voyageurs ont laissé 1 avis

adam Le

La météo a l’air pas mal en ce moment à la Martinique. Je me renseigne pour un voyage en février et je regarde un peu les Antilles, la Réunion et ce genre d’ile. Pour le moment, c’est du coté de la Martinique qu’il fait le plus chaud on dirait ! Et en février ?

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